Economie des territoires

Une participation active à l’économie des territoires

 

Les AOP laitières, moteur de l’économie des territoires

Les fromages, beurres et crèmes AOP sont un des moteurs économiques des régions où ils sont produits. Ils sont pourvoyeurs d’emplois directs dans les exploitations agricoles et dans les ateliers de transformation et d’affinage. Ainsi, les savoir-faire spécifiques et les conditions de production strictes des AOP génèrent 2,8 fois plus d’emplois directs aux 100 000 litres transformés que la laiterie France. Ce à quoi il faut ajouter tous les emplois indirects et induits, comme les services aux éleveurs, les instituts techniques, les laboratoires d’analyses, les artisans… Ils sont estimés à 5 emplois induits créés pour un emploi agricole direct.

Ces emplois s’expliquent en partie par une création de valeur supérieure et une répartition plus équilibrée au sein des filières. La valorisation du lait AOP est supérieure de 20 % en moyenne au lait conventionnel et dans la majorité des cas les IG* génèrent un supplément de prix. Les AOP génèrent des bassins de production plus attractifs avec des stratégies d’installation et d’implantation directement liées à la présence d’AOP. Enfin, il a été prouvé une capacité des AOP à freiner des phénomènes de restructuration (maintien de petites unités, cessations moins importantes), contribuant ainsi à préserver le tissu agricole et agroalimentaire.

Les produits laitiers AOP représentaient 1,97 milliard d’euros de chiffre d’affaires sortie fabrication en 2017, soit 12 % du chiffre d’affaires des produits de grande consommation des entreprises laitières françaises. Les fromages AOP représentent plus particulièrement 1,7 milliard d’euros de chiffre d’affaires, soit 25 % du chiffre d’affaires « fromages », autres que frais et fondus, des entreprises laitières. Ils comptent pour 10 % des fabrications de fromages affinés. L’export, avec au moins 18 500 tonnes exportées en 2017 dans au moins 73 pays, représente 8,5% de la production totale et est un créneau particulièrement dynamique, fer de lance du savoir-faire gastronomique français à l’étranger.

 

Le poids économique des fromages AOP/IGP dans l’UE 

Au 1er mars 2017, 188 fromages sont enregistrés AOP au niveau européen. Les fromages AOP et IGP représentaient un chiffre d’affaire à leur première mise en marché de 6,307 milliards d’euros et 10% de la production européenne de fromages en volume en 2010. L’Italie, la France et la Grèce représentent à eux seuls, 90% en volume et 88% en valeur des ventes de fromages sous Indication Géographique. La France, avec un chiffre d’affaires estimé à 1,57 milliards d’euros, est le deuxième pays producteur de fromages sous IG* après l’Italie (3,43 milliards d’euros). Les fromages français sous IG* constituent le 4ème groupe de produits sous IG* en valeur (10% de la valeur totale des IG* non viticoles) après les fromages italiens (22%), les bières allemandes (14%) et les produits carnés italiens (12%).

De nombreuses filières engagées, et des acteurs du développement durable des territoires

 

De nombreuses filières engagées sous démarche de production en AOP

Berceau historique du concept d’appellation d’origine, initialement sous l’impulsion du secteur viticole à partir de 1935, la France est le 1er pays européen en nombre de fromages, beurres, crèmes AOP avec 50 AOP enregistrées, juste devant l’Italie qui en compte 48. Derrière ces 50 appellations, on compte 20 000 producteurs de lait et 432 ateliers de transformation ou d’affinage qui font vivre ces filières au quotidien. Les producteurs engagés dans au moins un cahier des charges AOP représentent une importante part des producteurs de lait français : 21% des éleveurs de vaches laitières, 93% des éleveurs de brebis laitières et 36% des éleveurs de chèvres.

 

Une importance économique forte selon les régions

La part de la collecte en France utilisée par les AOP laitières s’élève à 9,6% du lait de vache (soit 2 359 M de litres), à 13,8% du lait de chèvre (soit 63 M de litres), et à 42% du lait de brebis (soit 111 M de litres)[1]. Au niveau régional, ce taux de transformation peut atteindre des niveaux beaucoup plus élevés dans les bassins spécialisés AOP. Ainsi dans le massif du Jura, 60% du lait de vache est transformé en AOP et en Savoie ce taux avoisine les 45%. En lait de chèvre 50% du lait produit dans la région Centre est transformé en AOP. Dans les bassins de production de lait de brebis que sont les Pyrénées Atlantiques et le rayon de roquefort, on atteint respectivement 41% et 46% de taux de transformation en AOP. L’activité économique laitière de ces zones est donc complètement liée à la production sous AOP, même si la valorisation de 100% du lait produit reste nécessaire pour les opérateurs.